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Les actualités franco-japonaises


LE JAPON À LA CONQUÊTE DE L'AFRIQUE













A l'issue de deux jours de conférence à Nairobi (Kenya), le Japon, par la voix de son premier ministre Shinzo Abe, a une nouvelle fois affirmé sa volonté d'investir massivement en Afrique. Une stratégie qui tient autant d'un objectif économique que d'une visée géopolitique.

Un plan d'investissement économique très ambitieux.

A travers une promesse d'investissement très médiatique de 30 milliards de dollars de 2016 à 2018, Tokyo a cherché à déployer un plan de développement sur trois secteurs en particuliers. Tout d'abord l'industrialisation à partir d'une diversification de l'économie africaine. Dix milliards de dollars seront affectés aux "infrastructures de qualité" : les capacités de production d'électricité devront augmenter de 2.000 mégawatts pour satisfaire 3 millions de foyers d'ici 2022. Le développement via l'aménagement des transports urbains est également prévu. En parallèle de ces investissements, le Japon a promis de former 30.000 personnes en ressources humaines et 20.000 enseignants en sciences naturelles et mathématiques. Une formation qui selon les dires des différentes dirigeants nippons constituerait le "noyau de l'activité économique".

Le deuxième secteur ciblé est celui de la santé. 20.000 experts, décideurs politiques et administrateurs chargés des mesures contre les maladies infectieuses à l'échelle régionale seront formés. 500 millions de dollars seront également investis pour traiter des problématiques nutritionnelles et de sécurité alimentaire.

Enfin dernier secteur concerné : la stabilité sociale. Les autorités nippones vont affecter 500 millions de dollars pour faire bénéficier 50.000 personnes d'une formation professionnelle. 1,8 milliard de dollars seront eux affectés à la formation de 4.000 personnes dans les domaines de l'énergie pour faire face au changement climatique.

Au total ces 30 milliards de dollars incluent de nouveaux engagements (ci-dessus) à hauteur de 21 milliards tandis que les 9 milliards restants proviennent de la promesse d'investissement prononcée en 2013 lors de la précédente Ticad.

L'opportunité de relancer l'économique japonaise

Derrière ces investissements massifs se cache bien évidemment l'enjeu du contrôle d'une région stratégique et d'ores et déjà convoitée par les puissances internationales. Mais c'est aussi l'occasion pour le Japon de trouver des débouchés à ses produits et de relancer en partie son économie. Alors que les Abenomics ont vite montré leurs limites, Shinzo Abe souhaite utiliser l'Afrique pour grapiller quelques points de croissance.

C'est dans ce but que le premier ministre japonais a convié à cette grande conférence de nombreuses entreprises japonaises et annoncé la création d'un Forum économique public-privé nippo-africain qui réunira ministres et patrons d'entreprises. Shinzo Abe a par ailleurs signé plusieurs accords de partenariats économiques avec son homologue kényan Uhuru Kenyatta : le Japon investira au Kenya à l'avenir tandis qu'une convention fiscale entre les deux pays est en discussion. Au final plus de 70 protocoles et accords commerciaux entre le Japon et l'Afrique ont été signé.

"Nous avons le sentiment profond que le Japon peut croître en Afrique, où les possibilités abondes", a affirmé Shinzo Abe.

Il s'agit donc pour le Japon, qui a longtemps boudé le continent africain en tant que partenaire commercial, d'offrir des opportunités de débouchés à ses entreprises, souvent expertes dans des domaines clés en Afrique comme l'énergie, la planification urbaine ou encore la prévention des catastrophes naturelles.

Article comptet - Source la Tribune

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